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Stratégie d'investissement: Stratégie de change et couverture de change
Flash #22, 20 mars 2025
L'investissement dans des titres étrangers implique également un risque de change. Étant donné que tous les engagements en devises étrangères, considérés de manière consolidée, représentent un jeu à somme nulle – une partie gagne et l'autre perd dans la même mesure – le risque de change n'est pas compensé par une prime. Il en résulte que l'on souhaite en principe éliminer ce risque, c'est-à-dire le couvrir.
Du point de vue d'une monnaie à faible taux d'intérêt comme le CHF, la difficulté est que chaque opération de couverture entraîne la perte de la différence de taux d'intérêt par rapport à la monnaie étrangère. Un exemple simplifié: un dollar coûte aujourd'hui un franc. Si je conclus aujourd'hui un contrat à terme pour racheter ce dollar dans un an, je ne récupérerai que 96 centimes dans un an en raison de la différence de taux d'intérêt actuelle d'environ 4%. La décision de couverture devient donc une pesée des intérêts: suis-je prêt à couvrir le risque de change en échange de la perte de la différence de taux d'intérêt?
Cette pesée dépend de l'évolution attendue du taux de change USD/CHF sur la période de couverture. La théorie la plus répandue pour prévoir les taux de change est la parité non couverte des taux d'intérêt (UIP). Selon cette théorie, le taux de change évolue exactement à hauteur de la différence de taux d'intérêt, ce qui signifie dans l'exemple que le taux USD/CHF s'établira à 96 centimes dans un an. Si tel est le cas, peu importe que l'on se soit couvert ou non – même si la couverture permet de dormir plus tranquillement et réduit le risque.
Comme le montre le graphique de la semaine, la parité non couverte des taux d'intérêt a étonnamment bien fonctionné pour le CHF au cours des dix dernières années. Le franc suisse s'est apprécié par rapport aux principales monnaies étrangères à peu près dans la même proportion que la différence de taux d'intérêt. Par conséquent, il importait peu que les portefeuilles d'actions ou d'obligations étrangères aient été couverts ou non. Toutefois, il serait présomptueux d'en tirer une loi générale: pour l'autre monnaie mondiale à faible taux d'intérêt, le yen japonais, cette relation n'a pas fonctionné et les investisseurs japonais ont souvent obtenu de meilleurs résultats sans couverture de change.
Comme souvent lorsqu'il faut peser différents arguments, la voie médiane pragmatique est utile: une pratique raisonnable consiste à couvrir les obligations en devises étrangères (ou éventuellement à les exclure – davantage à ce sujet dans le prochain Flash) tout en laissant le risque de change pour les actions étrangères. C'est également l'approche utilisée dans la construction des portefeuilles standard Economico.
Takeaways
- La couverture de change du point de vue d'une monnaie à faible taux d'intérêt implique une pesée des intérêts
- La couverture partielle constitue une voie médiane pragmatique
Takeaways
- La couverture de change du point de vue d'une monnaie à faible taux d'intérêt implique une pesée des intérêts
- La couverture partielle constitue une voie médiane pragmatique
