Décision rente ou capital dans les ménages à deux revenus
Flash #68, 3 septembre 2026
Lorsque la retraite approche dans un ménage à deux revenus, on entend souvent, dès qu'il s'agit de la décision rente/capital, le schéma de décision suivant : lui, qui part généralement à la retraite plus tôt et avec un avoir de vieillesse plus élevé, prend la rente ; elle prend ensuite le capital, et le couple s'offre ensemble quelque chose de beau. Cette décision est-elle vraiment la plus sage ?
Tout d'abord, la valeur économique des deux rentes de caisse de pension (CP) peut différer ; cette valeur se quantifie au moyen de la garantie d'intérêt évoquée dans Flash 5. Le BoussoleRetraite, le portail de l'association suisse des caisses de pension, permet d'estimer approximativement le niveau de cette garantie d'intérêt. Des différences économiquement significatives dans la garantie d'intérêt apparaissent surtout en cas de :
- taux de conversion différents
- écart d'âge important entre les deux personnes
- niveau différent du droit à la rente de survivant (généralement 60 %, ce taux pouvant être plus élevé ou plus bas selon la caisse de pension), et/ou
- différences importantes d'espérance de vie
Si la garantie d'intérêt de la personne A est (nettement) plus élevée que celle de la personne B, la personne A devrait choisir une part de rente plus élevée, et la personne B une part de capital plus élevée.
Si la garantie d'intérêt, respectivement la valeur économique des deux rentes de CP, ne diffère pas de manière significative, l'objectif doit être d'assurer à chacune des deux personnes un revenu aussi continu que possible, indépendamment de l'ordre des décès. Le Graphique de la semaine l'illustre bien : dans les solutions 100/0, la personne qui perçoit le capital et survit à son partenaire est désavantagée, car elle ne touche plus alors que la rente de survivant réduite de la caisse de pension du partenaire.
Avec des solutions de perception équilibrées, en revanche, l'ordre des décès n'a plus d'importance. Cet équilibre se rapporte aux montants absolus des rentes, et non aux quotités de perception en pourcentage. Exemple : à 65 ans, lui dispose d'un avoir de vieillesse de 600 000 francs, elle de 400 000 francs, tous deux avec un taux de conversion de 5 %. Lui obtient donc une rente CP à 100 % de CHF 30 000 par an, elle de CHF 20 000. Pour garantir qu'après le décès de l'un des partenaires, les deux obtiennent le même revenu de rente, elle doit percevoir une part de rente en pourcentage plus élevée que lui.
À prendre également en compte :
- Le décès de l'une des personnes a également un effet sur le montant de la rente AVS individuelle versée par la suite. Les rentes AVS calculées individuellement peuvent différer. La personne dont le droit à la rente AVS individuelle est plus faible devrait tendanciellement percevoir une rente CP plus élevée.
- Si l'espérance de vie des deux personnes diffère (fortement), la personne ayant la plus longue espérance de vie devrait percevoir une part de rente plus élevée.
Takeaways
- Réflexion 1 : Quelle rente de CP a le plus de valeur, c'est-à-dire offre la garantie d'intérêt la plus élevée ?
- Réflexion 2 : Comment structurer le revenu de rente de manière aussi équilibrée que possible, indépendamment de l'ordre des décès ?
Takeaways
- Réflexion 1 : Quelle rente de CP a le plus de valeur, c'est-à-dire offre la garantie d'intérêt la plus élevée ?
- Réflexion 2 : Comment structurer le revenu de rente de manière aussi équilibrée que possible, indépendamment de l'ordre des décès ?
