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Value versus Growth : les actions sont-elles chères actuellement ?

Flash #45, 25 septembre 2025

Le Flash 45 poursuit la discussion « value versus growth » lancée la semaine précédente. Pour cela, nous comparons l’évolution historique depuis 1993 des ratios cours/bénéfice (P/E) sur différents marchés boursiers.

L’application simpliste de l’approche « value » est la suivante : si la valorisation actuelle – mesurée par le ratio P/E – est supérieure à la moyenne historique, les actions sont chères et il vaut mieux s’en abstenir. Ce serait actuellement le cas – mais à des degrés divers – sur tous les marchés : la valorisation des actions américaines est nettement supérieure à la moyenne historique, tandis que celle des marchés européens ne l’est que légèrement.

Un argument souvent avancé contre cette règle d’investissement simpliste est que la dynamique future de croissance des bénéfices – qui n’est pas prise en compte dans l’approche « value » – a changé structurellement en raison des progrès technologiques (Internet, intelligence artificielle, etc.). Par conséquent, les actions pourraient aujourd’hui être plus chères en termes de P/E qu’auparavant.

Nous avons testé cette hypothèse en traçant la ligne de tendance à long terme du P/E sur les 32 dernières années. Conclusion : cette tendance à la hausse est effectivement visible sur le marché américain, tandis que les P/E suisses sont restés stables et que ceux de l’Europe ont même reculé. Peut-être que d’autres règles d’évaluation s’appliquent réellement dans le Far West. Peut-être – nous verrons bien.

Lorsqu’on se pose la question du P/E « correct » ou « équitable », il ne faut pas oublier les alternatives d’investissement. L’attractivité d’un rendement des bénéfices de 5% (correspondant à un P/E de 20) doit être évaluée très différemment selon que le rendement des obligations d’État à 10 ans est de 0% ou de 4%. On pourrait s’attendre à ce que les rendements exigés par les investisseurs fluctuent avec l’environnement des taux d’intérêt.

Enfin, un P/E historiquement supérieur à la moyenne peut théoriquement se normaliser soit par une hausse future des bénéfices des entreprises, soit par une baisse des prix des actions. L’histoire montre qu’après des périodes de valorisations nettement supérieures à la moyenne, c’est généralement ce dernier scénario qui se produit.

Takeaways

  • Dans les pays industrialisés, les ratios cours/bénéfice historiques se situent à long terme autour de 15% à 20%.
  • La thèse d’une hausse continue des valorisations ou des ratios P/E ne peut pas être confirmée.
  • Historiquement, les périodes de valorisations élevées sont généralement suivies de baisses des prix.

Dr. Ueli Mettler, p-alm Software AG

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Takeaways

  • Dans les pays industrialisés, les ratios cours/bénéfice historiques se situent à long terme autour de 15% à 20%.
  • La thèse d’une hausse continue des valorisations ou des ratios P/E ne peut pas être confirmée.
  • Historiquement, les périodes de valorisations élevées sont généralement suivies de baisses des prix.